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JOUR 4 2019-01-29 - Voghera-Pontenure ( à 5 Km de Piacenza) 86 km

C’est ma première nuit complète depuis plus d’un mois, il semble que l’angoisse m’ait quitté, je me réveille la tête légère, soulagée des bourdonnements.
La cafetière Moka libère une bonne odeur de café à l’ancienne.
Roberto m’a proposé de rester un jour de plus d’autant qu’il a besoin d’un coup de main pour réparer une fuite sur le toit de la maison de sa tante située à une heure de route. Je lui aurai bien rendu ce service mais je dois être samedi à Città di Castelo, je dois rouler.

Ce matin j'ai choisi d’emprunter les petites routes de campagne pour rejoindre mon étape du soir située dans un petit hameau nommé San Genesio, à une centaine de kilomètres de Voghera.
Les calvaires marquant les intersections des chemins me rappellent que la vie à la campagne n'était pas facile au siècle dernier. La route file en fond de vallée et parfois escalade des petites butes où sont perchés les hameaux anciens. De grands corps de ferme imposent leur lourde silhouette de pierraille délabrée dans le paysage romantique de Lombardie.

Un camion s'arrête à ma hauteur, une femme au volant baisse la vitre de la portière et me dis : Dove stai andando? Davvero in Giappone ?

Un superbe château domine la plaine. C’est le château de Montalto, antique forteresse, la batisse invite à un voyage dans le temps, entre présences médiévales et ouvrages gothiques, nichée sur le Mont Crovero, emmergeant d’un écrin de verdure. Quatre donjons et d’impressionnants mâchicoulis offre une vue sur le Parc des Cinq lacs.
Je décide d'aller le visiter et pour cela il faut gravir une côte à très fort pourcentage. L’Ape monte lentement à moins de 10 km à l'heure. Le château est privé et l'accès et interdit, je tente tout de même une incursion mais je suis vite refoulé par une dame certainement victime du ménage à quatre pattes qui présente une déformation cervicale proche de celle de Quasimodo. Je me résous à faire demi-tour, dévalant sur trois roues, face à la pente par un chemin enneigé jusqu’au bourg médiéval.
Depuis la place du village de Montalto, le spectacle sur la plaine et les vignobles enneigés, arrosés par les rayons de soleil est superbe.

Plus vers le nord-ouest je peux apercevoir le massif Alpin et les contreforts du Grand Paradis pourtant distant de plus de deux cents de kilomètres, entouré d’une masse de nuage.
Après une quarantaine de kilomètres je quitte les monts pour regagner la route de la plaine, la via Emilia cette ancienne voie romaine construite 2 siècle avant JC qui relie en ligne droite Piacenza à Rimini.

Je contourne Piacenza par la « tangantiale » et retrouve la via Emiliaune, je fille à bonne allure en direction de Parma. Dans une belle ligne droite, le moteur couine puis s’éteint, juste le temps de me réfugier dans un chemin de terre menant à une ferme. Il pleut, la nuit tombe, la circulation est intense à cette heure de retour des bureaux. Ce n’est pas le moment de tomber en panne. Je démonte la bougie puis le gicleur du carburateur, rien n’y fait malgré les conseils de Mathias, mon préparateur moteur, joint par téléphone. Il fait froid, à peine 3 ou 4 degrés. A 200 m de là, brille dans la nuit tombante les 3 lettres superposées B.A.R, je range les outils et m’y rend en longeant la route.
Le patron est collaboratif et contacte le mécano du village qui a déjà baissé le rideau. Il me propose de passer le voir demain matin à 8h.
Je retourne chercher le Ape et que je pousse jusqu’au parking du bar, dans la nuit, frôlé par les voitures circulant à vive allure.
Je me restaure donc de spaghetti à la bolognaise et de viande bouillie à la sauce tomate après que le patron m’ait proposé de placer le Ape derrière son établissement à l’abri des courants d’air. « Demain il neige » m’a-t-il assuré avant de regagner son appartement.
J’y déploie ma tante et m’installe pour la nuit, ce soir la circulation est intense et me gêne pour m’endormir, enroulé tout habillé dans mon duvet, le bonnet enfoncé sur mes yeux pour me protéger de la lumière du candélabre.


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JOUR 3 2019-01-28 - SPOTORNO-VOGHERA 191 KM

Le vent violent me réveille en sursaut vers 4h15, il souffle très fort, secouant les branches des tilleuls et martyrisant les menuiseries de l’hôtel Méditerranée. L’Ape est garé dans la rue devant l’entrée de l’établissement le long du trottoir, dans le sens de la pente. Ai-je bien serré le frein à main et enclenché une vitesse ? Si ce n’est pas le cas, les bourrasques peuvent pousser le triporteur dans la pente et venir l’appuyer sur le véhicule qui le précède. J’enfile une polaire et mon pantalon et je déboule l’escalier recouvert d’une épaisse moquette, je bloque la porte de l’hôtel avec ma carte d’accès et traverse la rue. Tout est en ordre, je peux me regagner ma chambre.
Mon téléphone vibre plusieurs fois vers 9h15, mais engourdi sous les draps, je refuse de répondre. Lorsque je reprends conscience je constate le silence dans ma tête : les acouphènes sont discrets ce matin, bonne nouvelle.
Le petit déjeuner est servi dans l’immense salon de l’hôtel, je suis seul à table. Les clients ne sont pas nombreux en cette période hivernale, saison creuse de l’année touristique.
L’employé présent s’adresse à moi d’un ton interrogatif : « Long voyage, n’est-ce pas ? ». Je comprends qu’il a aperçu l’Ape.
Je charge mes affaires à l’arrière du triporteur vers 10h et je prends la route direction Savone distant d’une dizaine de kilomètres. Le moteur me semble très silencieux, c’est peut être mes oreilles qui bourdonnent moins. J’ai paramétré mon GPS en mode « Vélo », le parcours proposé serpente en fond de vallée, je quitte le littoral et m’enfonce dans l’arrière pays.
Une vibration sur l’avant de la carrosserie apparaît, je ne peux admettre le moindre bruit supplémentaire qui me rendrait complétement fou. Je m’arrête pour ausculter le véhicule, par chance le défaut est évident. Je le corrige en glissant un morceau de mousse entre le plastique du pare-chocs et la carrosserie.
Puis je m’élève lentement par une petite route forestière nommée « Strada dei tré ponti ». Le moteur peine dans cette forte pente, je n’insiste pas sur les gaz pour ne pas le faire chauffer. Je ne croise que des chasseurs et des paysans. La petite route se faufile par moment entre les piles des viaducs de l’autoroute Savonna-Alessandria, hautes d’une cinquantaine de mètres. Je ne peux m’empêcher de penser à la récente catastrophe de Gênes, alors je lève la tête pour observer l’état de la superstructure de l’ouvrage. Effectivement, ce qui a été publié dans la presse sur l’état des ouvrages autoroutiers italiens semblent être bien fondé. Sur plusieurs mètres carrés et en plusieurs endroits, les nappes de ferraillages sont à nu.
La route débouche après 400 mètres de dénivelée non loin d’Altare que l’on gagne en franchissant un long tunnel donc l’entrée est gardée par un bâtiment fortifié dominé par un bastion. Plus loin je bifurque à droite en direction de Cortemilia. Les bas-côtés de la route maintenant descendante sur le versant nord sont enneigés. Au-dessus des chênes au feuillage caduque apparaissent bientôt les wagonnets suspendus du téléférique minier-Le funivia Savona-San Guiseppe . En roues libres je me laisse glisser jusqu’en fond de vallée. Un deuxième col enneigé me permet de découvrir les vignobles de Cortemilia.
Voici Asti puis la SP 10 qui file vers l’est dans la plaine en direction d’Alessandria. Je roule à bonne allure, 50 km/h sans faillir. Je touche Voghera vers 18h20. J’ai rendez-vous avec Roberto qui m’offre l’hospitalité pour la nuit, membre comme moi du site Warmshowers. Roberto rentre juste d’un voyage de 4 ans en Amérique du sud, 2 ans en sac à dos et 2 ans à vélo. Il vit maintenant chez sa mère en attendant d’organiser sa nouvelle vie.
Ils m’accueillent très chaleureusement, moi et le Ape qui a droit à une nuitée dans un garage fermé.
C’est la première fois que sa mère accueille un voyageur chez elle, elle est un peu perturbée et ne sais pas quoi faire pour me donner satisfaction. Elle questionne systématique Roberto avant de faire quoi que ce soit, hantée par la peur de mal faire. Je la rassure en lui disant : « tuto bene ».
Le petit appartement est très sommaire et modeste, mais l’accueil est sincère. Seule la pièce principale est chauffée. On accède à une chambre et à la salle de bain par un couloir en coursive fermé par des baies vitrées, donnant sur une cours intérieure où Roberto bricole des vélos pour revendre et se faire quelques euros. Roberto me propose une petite chambre sympathique encombrée par ses souvenirs de voyage.
La mama a préparé des raviolis et une salade, et en mangeant, nous échangeons nos souvenirs de routards.
Il se fait tard et je regagne la chambre pour me blottir dans mon sac de couchage.


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JOUR 2 2019-01-27 - BORDIGHERA-SPOTORNO 100 KM

Jean-Christophe se lève le premier et semble préoccupé. «Y a les tagliatelles qui arrivent » me dit-il. « Et oui, le dimanche, en Italie, les tagliatelles c’est important- Giovanni (à vérifier) arrive avec la Pasta ». Giovanni est le mari de la nounou qui s’est occupé de Luciana lorsqu’elle était enfant, elle est comme leur fille et ils ne peuvent se priver de ce plaisir subliminal que de lui préparer régulièrement un plan de pâtes pour la moindre occasion. C’est comme ça en Italie.
Je me sens pas très bien, les acouphènes persistent accompagnées d’un bourdonnement et je suis toujours soucieux de la suite à venir. Jean-Christophe me propose de mesurer le bruit du moteur à l’intérieur de l’habitacle du Ape. Il a téléchargé une application sur son Smartphone. Résultat : Au-delà de 85 dbls. C’est trop et même dangereux pour la santé, même équipé de bouchons d’oreille. Il me propose donc d’utiliser son casque « sono » avec affaiblissement acoustique, le résultat est bluffant. Les bouchons et le casque utilisés ensemble diminuent considérablement le bruit. Peut-être est-ce un début de solution, mais si le bruit est affaibli, la résonnance des vibrations semble accentuée.
On ne s’ennuie pas chez Jean Christophe où le planning quotidien de ses jeunes filles prend une place importante. Ce matin , il faut aller chercher Constance à Dolce Aqua où elle a participé la veille à une petite fête entre amis et où elle y a passé la nuit.
Dolce Aqua accueille chaque dernier dimanche du mois son marché Bio. Les paysans descende du Piémont, le grenier à grain de l’italie, pour installer un stand de leur production, on y trouve tous les produits régionaux désirés : miel, charcuterie, fromage, plantes, fruits, vannerie artisanale, bois d’olivier… Je retrouve là un vrai marché traditionnel comme nos grand-mère adoraient. De plus les quelques rayons de soleil persistent à travers les nuages blancs qui maintiennent au sol le froid de l’hiver, nous réchauffent le dos et réchauffent l’ambiance.
A midi, c’est donc tagliatelles aux crevettes et artichauts accompagnés de charcuteries du piémont.
Je reprends la route vers 15h30, le vent s’est levé et la mer juste en dessous de nous dessine des moutons, les palmiers secouent leurs palmes.
Je me laisse glisser en roue libre jusqu’à la route du littoral puis tourne à gauche en direction de Savona. La côte est une enfilade d’agglomérations urbaines, les petites villes balnéaires se succèdent San remo, Arma di Taggia, Impéria, Loano…Le soleil couchant colore les façades de Porto Maurizio avant d’atteindre Finale Ligurie où je décide de prendre de l’essence. C’est dimanche et seuls les automates permettent de se ravitailler, alors je me résous à utiliser une de ces bornes et j’introduis ma CB dans la fente… destinée au billet de banque. Bien évidemment, le système refuse de me rendre ma carte et je me retrouve bloqué comme elle par ma bêtise. Par chance, j’interpelle trois types qui passent par là et bingo … ils connaissent bien le gérant de la station qui, 25 mn après le coup de fil vient délivrer mon titre en plastique qui est mon seul moyen de paiement.
Je reprends la route bouchonnée par les retours du dimanche, cul à cul sur plusieurs kilomètres jusqu’ à ce que la bretelle d’autoroute dilue la file. Voilà Spotorno qui pointe en même temps que le 100 ieme kilomètres de l’étape. Je trouve là un bon prétexte pour faire une halte pout la nuit, d’autant qu’il est plus de 20h.
Les salons de l’hôtel Méditerranée éclairent même la rue, le patron est sympa et le prix très correct pour un 3 étoiles. J’investi la chambre 104 que je regagne après avoir dégusté une salade au Black Bull, la seule pizzeria du quartier désertée.


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JOUR 1 2019-01-26 - NICE-BORDIGHERA

Samedi 26 janvier, jour 1.
Saint André de la Roche-Bordighera. 72 km
Soleil et nuages.

Une cinquantaine de personne a répondu présent à mon invitation. Je ne pouvais pas partir sans saluer mes amis, ma famille et tous ceux qui m’ont encouragé dans mon projet. Alors, ce samedi 26 janvier 2019, avec l’accord de la mairie de Saint André de la Roche, j’ai investi la placette publique au droit de la boutique de vélo Oxybike, sur le quai de la Banquière. Le triporteur repeint en « bleu France », décoré d’adhésifs aguichant donc certains représentent le parcours transcontinental de mon projet, fait face à l’arrivée des convives. Deux tables blanches garnies de pissaladière, pizzas, chips…et de quelques bouteilles de vin mousseux et de soda disposées en quinconce sur les sets de table imprimés du logo dessiné par Julie donnent un peu de prestance à cet évènement.
L’adjoint au sport de la commune, le délégué à la presse et mon ami André Barra représente le maire Honoré Colomas qui n’a pas pu se libérer pour la circonstance.
Certains sont venus de loin pour témoigner leur sympathie : Ma sœur Mimi et Philippe arrivent de Manosque, ma sœur, Juju, son mari et sa belle-sœur ont fait la route depuis La Ciotat et Michèle ma copine marseillaise est là aussi avec son ami.
Bien sûr il y a mes amis fidèles : Philippe Barcacci, Claude Zanchi, Marc Scursoglio et Eric Mirtelli, … et aussi un de ceux qui m’ont aidé dans la préparation de la machine : Eric Bonsignore et Samir.
André Barra ouvre « le bal » au micro en me rendant honneur, suivi d’un discours de l’adjoint au sport. L’occasion m’est donné en suite de m’exprimer :





Accompagné par une quinzaine de cycliste du club local, rassemblés par mon ami Patrick Favrolle, je traverse la ville de Nice en direction de Rauba Capeu pour la photo souvenir. Il semble que le Service Communication de la ville de Nice n’ait pas été très efficace, il devait organiser un rendez-vous avec la presse locale. Personne.
Julie me suit abord de la voiture de son père pour filmer le départ. Le ciel est grand beau, la mer est belle et les palmiers sont secoués par une bonne brise de mer. Les conditions idéales pour des images vidéo. Sur le port de Nice, entre les barrières du chantier du tram et le massif de fleurs devant l’église, j’embrasse Julie et Dany et je prends la route en direction de l’Italie. Les bouchons d’oreille bien enfoncés dans les tubes auditifs. J’ai déjà des nausées, le triporteur est trop bruyant, jamais je ne pourrai aller jusqu’au bout, alors je me concentre sur l’objectif du jour : Bordighera, 50 km environ.
Dans les côtes de Villefranche puis celle d’Eze bord de mer, je prends à nouveau conscience qu’à chaque fois que le moteur force, les bruits et les vibrations décuplent. Il en est de même lors des descentes au frein moteur. Ce ne sera pas possible. Le challenge est utopique, irréalisable, insensé. J’ai pris le départ pour ne pas perdre la face, pour ne pas décevoir ce qui ont cru en ce projet, et parce que les enfants de l’école de Tourette-Levens ne comprendraient pas. J’ai trop parlé de ce projet, j’ai fait paraître des articles et diffuser des parutions sur FB. C’est trop tard pour renoncer, Coute que coute, faut y aller, et le plus loin possible.
Lorsque je franchi le cap de Nice à hauteur de l’ancien hôpital américain, par la route dominant la mer, je repense à tous ces matins où vers 7h00 de ce même endroit le soleil m’inondait de ses rayons et accompagnait mon pédalage jusqu’à Monaco. Je savais qu’un jour je ferai cette même route pour un voyage initiatique.
J’entre à Monaco vers 16h30 et aborde au ralenti le rond-point de la place d’arme. Comme chaque jour, deux policiers gardent l’accès à la rampe major, une femme et un homme. J’ai l’intention de monter faire une photo devant le palais princier. En temps normal, je me serai présenté au policier comme Agent de l’état, il m’aurait salué avant de me laisser passer. Mais là, incarcéré dans la cabine de l’Ape, les cheveux en bataille, il ne m’aurait jamais pris au sérieux, alors je tente de lui dire par la fenêtre entr’ouverte que je souhaite monter à Monaco-ville (La vieille ville située sur le rocher où se trouve le palais princier) pour faire quelques photos. Le policier me toise du haut de son mètre quatre-vingt-dix, et me demande de m’arrêter sur le côté, d’éteindre le moteur. Je comprends qu’il ne m’entend pas à cause du bruit de mon échappement. Connaissant parfaitement le fonctionnement de la police monégasque, intransigeante voire arrogante, il vaut mieux poursuivre ma route et décamper délicatement, sans bruit. Je vire au rond-point en surveillant du coin de l’œil l’attitude du policier qui me suit du regard un peu interloqué. Je m’échappe par le boulevard Rainier III, qui n’est d’ailleurs pas la direction idéale pour rejoindre l’Italie.
Je franchi la frontière Franco-Italienne sous le regard amusé des douaniers et traverse Vintimille. L’Ape se sent chez lui, ici il passe inaperçu. Vallecrosia est très embouteillé, et l’entrée de Bordighera se fait parechoc contre parechoc. Je tente de suivre un itinéraire bis proposé par mon GPS, mais je me retrouve au milieu des piétons sur la promenade du front de mer. Je ne suis pas le bienvenu.
Enfin j’arrive à Bordighera devant la plaque « Strada della Cava », Jean Christophe habite au numéro 44. Il est compliqué d’y arriver car la route est divisée en plusieurs secteurs et il y a de nombreuses possibilités d’y accéder. Je joins donc JC par téléphone qui me donne rendez-vous sur la route du bord de mer, non loin de la chapelle Sant’Ampélio, une petite église construite sur les rochers, comme une sentinelle qui surveille la mer. Le cap de Sant’Ampelio est le promontoire le plus méridional de la Ligurie. Sant’Ampelio, selon la légende, accosta à Bordighera en apportant les noyaux des premiers dattiers, puis ceux-ci se sont répandu jusqu’ à Nice, Cannes et Hyères où ils arborent les promenades de bord de mer.
JC et Luciana habite une belle maison dominant la mer. Nous dinons à l’ »Aqua », un restaurant de spécialité de fruit de mer puis visitons la vieille ville qui ressemble à un décor d’un vieux film italien. Il ne faut pas longtemps pour en faire le tour, traversant des placettes et des passages voûtés où l’ombre des lampadaires orangés s’empare des lieux. Sur la place centrale, le clocher de l’église revêtu de tuiles vernissées pénètre la noirceur d’une nuit sans lune.
Je m’endors sur le canapé déplié pour une nuit agitée d’angoisse et d’incertitude.


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